Le président guinéen, le Général Mamadi Doumbouya, a appelé la CEDEAO à revoir son approche face aux crises politiques qui secouent la sous-région, ce dimanche à Freetown, lors du 69ᵉ sommet ordinaire de l'organisation.
À l'occasion du retour officiel de la Guinée dans les instances décisionnelles de la CEDEAO, le chef de l'État a livré un discours particulièrement critique à l'égard des sanctions économiques et politiques. Pour Mamadi Doumbouya, ces mesures punitives ne permettent pas toujours de résoudre les crises et pénalisent avant tout les populations.
« On ne peut pas soigner des maux différents avec un remède unique », a-t-il en substance défendu, plaidant pour des réponses adaptées aux réalités de chaque pays. Le président guinéen a ainsi appelé la communauté régionale à privilégier le dialogue, l'écoute et l'accompagnement.
Dans son intervention, Mamadi Doumbouya a également revisité l'histoire de la CEDEAO. Il a rappelé que l'organisation, créée en mai 1975, comptait parmi ses quinze pères fondateurs dix militaires et cinq civils. Un rappel historique qui, selon sa vision, démontre que le statut militaire ne devrait pas être considéré comme un obstacle à la participation aux affaires communautaires.
Le chef de l'État guinéen a par ailleurs invité la CEDEAO à renouer avec sa vocation économique initiale. Il estime que la construction d'un marché commun prospère doit rester au cœur de l'intégration ouest-africaine, comme un levier de paix et de stabilité durable.
Ce sommet a également été marqué par un geste symbolique du président guinéen. À son arrivée au centre de conférence de Lungi, Mamadi Doumbouya a signé le Mur de l'Unité de la CEDEAO, matérialisant le retour de la Guinée au sein des instances décisionnelles de l'organisation.
À Freetown, le message du président guinéen est donc clair : pour renforcer la cohésion régionale, la CEDEAO doit privilégier l'accompagnement des États et le dialogue plutôt que la logique de sanction.
Damba Morlaye
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