L’audience dans le dossier opposant la CRIEF au directeur général du Centre Jean Paul II continue de soulever de sérieuses interrogations sur la solidité des accusations en cours.
À la barre, le principal accusateur de CRIEF, Namandian Doumbouya, a reconnu ne disposer d’aucune preuve matérielle pour étayer ses allégations de détournement visant le DG Soriba Soumah. Plus encore, il a évoqué des motivations personnelles, affirmant agir sous l’effet d’une « haine viscérale », une déclaration qui fragilise considérablement la crédibilité de son témoignage.
Dans le même temps, les éléments versés au dossier indiquent l’existence d’un marché public encadré, attribué selon les procédures légales, sans implication directe du directeur général du Centre National de Formation Sociale Appliquée Jean Paul II. Plusieurs témoins confirment d’ailleurs son absence dans le processus d’attribution.
Ces contradictions alimentent un débat plus large sur la méthode de traitement des dossiers par la CRIEF, notamment la question du recours à la détention avant l’établissement de preuves solides. Si la lutte contre la corruption demeure essentielle, elle ne peut se faire au détriment des garanties fondamentales d’une justice fondée sur des éléments vérifiables.
Au-delà de ce cas, l’affaire relance ainsi une exigence centrale : renforcer l’exigence de preuve et la rigueur procédurale afin d’éviter que la suspicion ne prenne le pas sur le droit.
Document joint
JEAN PAUL 2.pdf (515 ko)
Soyez le premier à commenter cet article.