Une opération de gendarmerie menée sous le slogan « Zéro enfant dans les rues » a ciblé les marchés de Kaloum, dans le cadre de la lutte contre l’exploitation des mineurs. Plusieurs enfants et parents ont été interpellés, ravivant la question sensible de la protection de l’enfance et des responsabilités familiales et étatiques.

La lutte contre l’exploitation des enfants est un impératif moral, juridique et social. À Kaloum, les récentes opérations menées par les forces de sécurité, sur instruction du parquet du Tribunal pour enfants, traduisent une volonté affichée de mettre fin à une réalité devenue trop visible : celle d’enfants livrés aux rues, contraints à la mendicité, à la vente ambulante ou à des activités incompatibles avec leur âge.

Le Code de l’enfant, tout comme les engagements internationaux relatifs aux droits humains, interdit clairement toute forme d’exploitation ou de mise en danger des mineurs. Dans ce contexte, l’action des autorités s’inscrit dans une logique de protection et de rappel à la loi, notamment à l’endroit des parents ou tuteurs défaillants.

Cependant, la question ne peut être réduite à la seule répression. Derrière la présence des enfants dans les rues se cachent souvent des réalités complexes : précarité économique, ruptures familiales, manque d’accès à la scolarisation ou absence de dispositifs sociaux efficaces. L’interpellation d’enfants, même dans un cadre judiciaire, interroge donc sur l’équilibre entre protection, accompagnement et sanction.

Le défi pour les autorités reste immense : protéger sans stigmatiser, sanctionner sans aggraver la vulnérabilité, et surtout proposer des alternatives durables à ces enfants souvent victimes avant d’être considérés comme en infraction.

Entre fermeté judiciaire et urgence sociale, la bataille pour « zéro enfant dans les rues » ne pourra être gagnée qu’à la condition d’une réponse globale, où la protection de l’enfance prime autant que la répression des abus.