Jeter des ordures sur la chaussée ou dans les espaces publics non prévus à cet effet constitue une infraction en Guinée. À Dixinn, la justice commence à traiter ces comportements au pénal : une première condamnation a été prononcée le 28 septembre 2026, tandis que quatre autres personnes, poursuivies dans une procédure de flagrant délit, ont été placées sous mandat de dépôt.

Dépôts sauvages : l’incivisme face à la justice

À Conakry, la lutte contre l’insalubrité prend une nouvelle dimension. Les dépôts sauvages d’ordures, régulièrement dénoncés dans les rues et espaces publics, font désormais l’objet de procédures judiciaires.

Le substitut du procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn, Mamadou Yaya Fatoumata Boiro, rappelle que les dépôts de déchets sur les voies et espaces publics non prévus à cet effet sont interdits.

Selon le magistrat, les personnes reconnues responsables peuvent encourir des peines allant de un à trois ans d’emprisonnement et jusqu’à 10 millions de francs guinéens d’amende, ou l’une de ces deux peines.

Le parquet entend ainsi donner une suite judiciaire aux comportements considérés comme contraires aux règles de salubrité publique.

Le tribunal de première instance de Dixinn a jugé, le lundi 28 septembre 2026, un couple poursuivi pour avoir jeté des ordures sur la voie publique.

À l’issue de la procédure, l’époux a été condamné au paiement d’une amende de 500 000 francs guinéens.

Le parquet avait requis une peine différente, mais le substitut du procureur considère que cette décision marque néanmoins la reconnaissance des faits et l’application d’une sanction.

« Nous avons obtenu une condamnation, même si nous n’avons pas obtenu la condamnation à la peine sollicitée », a expliqué Mamadou Yaya Fatoumata Boiro.

Dans une seconde procédure portant sur des faits similaires, quatre personnes ont été déférées au parquet puis placées sous mandat de dépôt.

Elles sont poursuivies dans le cadre d’une procédure de flagrant délit et doivent être présentées prochainement devant un juge de jugement.

Selon le substitut du procureur, le parquet estime que les faits qui leur sont reprochés sont constitutifs d’infractions à la loi pénale.

À ce stade, ces quatre personnes n’ont pas encore été jugées ni condamnées. Leur dossier doit être examiné par le tribunal, qui se prononcera sur les faits qui leur sont reprochés et, le cas échéant, sur les sanctions applicables.

« Nous les avons prises en procédure de flagrant délit. Nous avons décerné des mandats de dépôt contre les quatre personnes pour qu’elles soient présentées dans les plus brefs délais devant un juge », a expliqué le magistrat.

Ces procédures interviennent alors que les dépôts sauvages continuent de contribuer aux problèmes d’insalubrité dans la capitale.

Au-delà des poursuites, la lutte contre ce phénomène repose également sur la sensibilisation, l’organisation de la collecte des déchets et la mise à disposition d’espaces appropriés.

Avec cette première condamnation et l’ouverture d’autres procédures, la justice entend rappeler que les comportements liés aux dépôts sauvages peuvent avoir des conséquences judiciaires. Reste désormais à conjuguer l’application de la loi avec les efforts des autorités et des citoyens pour améliorer durablement la salubrité à Conakry.