Dans la famille, on dit souvent que les traits du visage sont un miroir du passé. Mais pour ce jeune homme, l’héritage de sa mère ne se limitait pas à la couleur de ses yeux ou à la forme de son sourire ; il se logeait plus profondément, là où l’air peine parfois à passer.
Tout avait commencé bien des années auparavant, durant l’adolescence de sa mère. À l’époque, elle était une élève brillante, pleine d’ambition. Mais en classe de 9ᵉ année, le destin bascula. Ce que l’on pensait être un simple rhume se transforma en une bataille quotidienne contre la sinusite et la méningite. La douleur était telle qu’elle fut contrainte de poser ses cahiers et de quitter les bancs de l’école, le cœur lourd, pour se consacrer à sa guérison.
Le temps fit son œuvre. Elle guérit, grandit, se maria et devint mère. Lorsqu’elle tint son fils dans ses bras pour la première fois, elle espérait lui avoir transmis toute sa force, mais pas ses fragilités. Pourtant, alors que le jeune homme entrait dans sa phase de croissance, le passé sembla refaire surface. Ce nez qui gonflait doucement, ces maux de tête familiers et cette respiration bruyante n’étaient pas des inconnus pour elle : c’était le retour du « mal de famille ».
Aujourd’hui, ce jeune homme porte en lui cette trace du passé. Mais contrairement à sa mère, qui avait dû renoncer à ses études, lui a la chance de vivre à une époque où la médecine moderne, à Conakry et ailleurs, peut mettre un nom précis sur ce gonflement.
Diallo Djibril
etudiant
Good