Le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, a appelé à faire de la mémoire de l’esclavage et de la traite transatlantique un levier pour construire un avenir davantage fondé sur la justice, la liberté et la dignité humaine.

Lors d’une rencontre organisée à Quincy, aux États-Unis, autour du lien historique entre cette ville et la Sierra Leone, le dirigeant sierra-léonais a rappelé l’importance de l’affaire Amistad et du rôle joué par John Quincy Adams dans la défense de la liberté des captifs africains.

L’histoire de Sengbe Pieh, également connu sous le nom de Joseph Cinqué, occupe une place centrale dans cette relation historique. Capturé et réduit en esclavage avec d’autres Mende, il s’était révolté à bord du navire La Amistad en 1839. L’affaire avait finalement été portée devant la Cour suprême américaine, qui avait confirmé leur liberté en 1841.

Pour Julius Maada Bio, cet épisode historique ne doit pas rester cantonné aux livres d’histoire. Il doit nourrir une réflexion sur les conséquences actuelles de l’esclavage et sur la nécessité d’une justice réparatrice.

« La justice réparatrice n’est pas une question de réparation de vieilles blessures », a-t-il expliqué, mais de reconnaissance de la vérité historique, de reconnaissance de ceux qui ont souffert, de prise en compte des conséquences durables de l’injustice et de construction d’un avenir plus équitable.

Le président sierra-léonais a également élargi son propos aux défis auxquels l’Afrique reste confrontée. Il a notamment cité l’éducation des enfants, la lutte contre la faim et l’insécurité alimentaire, l’élargissement des opportunités pour les femmes et les filles ainsi que la consolidation de la paix.

« La liberté doit signifier éducation pour chaque enfant, opportunités pour les jeunes, participation équitable pour les femmes, familles pacifiques et nations capables de déterminer leur avenir avec dignité », a-t-il déclaré.

Julius Maada Bio a ainsi appelé à renforcer le lien entre Quincy et la Sierra Leone autour de valeurs communes telles que « la vérité, la justice, la liberté, l’amitié et le partage de l’humanité ».

Pour le chef de l’État, le souvenir de l’Amistad et de Sengbe Pieh constitue aussi un rappel de la capacité des peuples à résister et à se relever face aux épreuves. L’objectif, selon lui, est désormais de transformer cet héritage en actions concrètes en faveur de sociétés plus pacifiques et plus équitables.

 

Par Damba Morlaye