Le Conseil constitutionnel du Sénégal a rendu, le 9 juillet 2026, une décision très attendue relative au recours introduit par le Président de la République contre la procédure ayant conduit à l’adoption de la loi n°18/2026 portant révision de la Constitution.

Dans une décision qui marque une nouvelle étape dans la consolidation de l’État de droit, la haute juridiction a choisi de placer le débat exclusivement sur le terrain juridique. Loin des considérations politiques entourant la réforme, les sages ont examiné la régularité de la procédure suivie au regard des exigences constitutionnelles avant de déclarer le texte contraire à la Constitution.

Cette décision rappelle un principe fondamental du droit constitutionnel : même le pouvoir constituant dérivé, c’est-à-dire le pouvoir de modifier la Constitution selon les procédures prévues par celle-ci, demeure encadré par des règles supérieures. La Constitution ne peut être révisée que dans le respect des formes et des garanties qu’elle elle-même établit.

À travers cette jurisprudence, le Conseil constitutionnel réaffirme son rôle de gardien de la norme fondamentale et garant de l’équilibre institutionnel. Son intervention ne constitue pas une appréciation de l’opportunité politique de la réforme, mais un contrôle de conformité destiné à préserver la primauté de la Constitution dans l’ordre juridique national.

Au-delà du cas sénégalais, cette décision pose une question essentielle pour toutes les démocraties contemporaines : jusqu’où peut aller le pouvoir de révision constitutionnelle sans remettre en cause les principes fondamentaux qui fondent l’État de droit ?

En rappelant que la procédure constitutionnelle s’impose à tous les pouvoirs publics, y compris au législateur constitutionnel, le Conseil constitutionnel du Sénégal confirme que la Constitution demeure la norme suprême autour de laquelle s’organise la vie institutionnelle.

Une décision qui consacre ainsi la force du droit sur les rapports de force politiques et réaffirme la place centrale du juge constitutionnel dans la protection des principes démocratiques.

Document joint

Decision_Conseil_constitutionnel_Senegal.pdf (891 ko)