Au terme d’un procès particulièrement sensible, le Tribunal de première instance de Coyah a condamné deux accusés à cinq ans de réclusion criminelle pour des faits de torture et de séquestration ayant entraîné la mort d’un adolescent, sans intention de la donner. Derrière cette décision, qui écarte la qualification d’homicide volontaire, se dessine une ligne de crête judiciaire entre responsabilité pénale et absence d’intention homicide. Une affaire tragique qui ravive, avec acuité, le débat sur les violences infligées aux mineurs sous couvert de discipline et les limites que le droit oppose à ces pratiques.

Le tribunal de première instance de Coyah a condamné Fatoumata Binta Barry et l’un de ses voisins à cinq ans de réclusion criminelle pour des faits de torture et de séquestration ayant entraîné la mort d’un adolescent de 15 ans, sans intention de la donner.

Selon les éléments évoqués au cours du procès, les faits se sont produits à la suite d’un acte présenté comme une correction infligée à la victime. L’adolescent aurait été ligoté par les accusés avant qu’un incendie ne se déclare dans le domicile en leur absence.

Le jeune garçon a été retrouvé mort sur les lieux, provoquant une vive émotion au sein de la localité et relançant le débat sur les violences infligées aux mineurs sous couvert de discipline.

À l’issue des audiences, le tribunal a estimé que la responsabilité pénale des deux accusés était engagée en raison des actes de torture et de séquestration commis contre la victime. Toutefois, la juridiction a écarté la qualification d’homicide volontaire, considérant que l’intention de tuer n’était pas établie.

Le parquet avait pourtant insisté sur la gravité des faits et des circonstances ayant conduit au décès de l’adolescent.

Cette affaire remet en lumière la question des violences faites aux enfants et des pratiques de correction pouvant conduire à des drames irréversibles.

 

Par Damba Morlaye