Sous les lambris de la CRIEF, la justice économique guinéenne enchaîne les dossiers sensibles et expose, au grand jour, la gestion passée des ressources publiques. Entre l’affaire des trois tonnes d’or impliquant Louncény Nabé et la relance des poursuites contre le général Rémy Lamah dans le dossier SOGUIMAP, cette journée d’audience illustre une même dynamique : celle d’une reddition des comptes désormais portée devant le juge. Au-delà des renvois prononcés, c’est la persistance de l’action judiciaire contre d’anciens hauts responsables qui confirme que la lutte contre la délinquance financière s’inscrit dans la durée, sous le regard attentif de l’opinion publique.

La journée de ce mercredi  devant la Cour de répression des infractions économiques et financières a également été marquée par les comparutions de Louncény Nabé et du général Rémy Lamah dans deux dossiers distincts suivis de près par l’opinion publique.

Ancien gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée, Dr Louncény Nabé est poursuivi pour des faits présumés d’enrichissement illicite et de corruption dans une affaire liée à la disparition supposée de plus de trois tonnes d’or appartenant à l’État guinéen.

Comparu libre devant la juridiction, l’ex-patron de la Banque centrale a rejeté les accusations portées contre lui. À l’issue de l’audience, la Cour a décidé de renvoyer l’examen du dossier au 13 mai prochain.

Par ailleurs, la CRIEF a relancé les poursuites contre le général Rémy Lamah dans une procédure impliquant également la société SOGUIMAP. Ce dossier, qui avait déjà connu des décisions de relaxe par le passé, revient ainsi devant la juridiction spécialisée.

Les échanges ont été de courte durée avant que les avocats de la défense ne sollicitent un renvoi afin de mieux préparer leurs arguments. La Cour a accédé à cette demande et fixé la prochaine audience au 20 mai 2026.

Ces différentes affaires traduisent la volonté du parquet spécial de poursuivre les enquêtes et procédures visant d’anciens responsables publics soupçonnés de malversations financières.

 

Par Damba Morlaye