Quand la justice économique convoque les anciens maîtres de l’appareil d’État, ce ne sont pas seulement des hommes qui comparaissent, mais toute une culture de gestion publique qui se retrouve sous examen. Avec l’ouverture du dossier Damantang Albert Camara devant la CRIEF pour un présumé détournement de plus de 239 milliards de francs guinéens, la question dépasse le simple cadre pénal : elle interroge la responsabilité politique, la transparence administrative et la capacité réelle de l’État à sanctionner ceux qui ont administré ses ressources. Entre défense de légalité et exigence de reddition des comptes, ce procès devient un symbole majeur de la lutte contre l’impunité en Guinée.

La Cour de répression des infractions économiques et financières a ouvert ce mercredi, plusieurs dossiers impliquant d’anciens hauts responsables de l’État guinéen. Parmi eux figure Damantang Albert Camara, poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics.

L’ancien ministre de l’Enseignement technique et ancien ministre de la Sécurité est accusé d’avoir détourné plus de 239 milliards de francs guinéens entre 2011 et 2021. À la barre, le prévenu a rejeté l’ensemble des accusations portées contre lui lors de cette première audience de fond.

Les débats ont essentiellement porté sur la présentation des charges retenues par le parquet spécial et les premières déclarations de la défense. Les avocats de l’ancien ministre ont contesté les éléments avancés par l’accusation, soutenant que leur client n’a commis aucune infraction dans l’exercice de ses fonctions.

Après plusieurs échanges entre les différentes parties, la Cour a décidé de renvoyer l’affaire au 6 mai prochain pour la poursuite des débats.

Cette procédure judiciaire s’inscrit dans la dynamique de lutte contre la corruption et les crimes économiques engagée par la CRIEF contre plusieurs anciens gestionnaires publics.

 

Par Damba Morlaye